Les travaux intérieurs
de La Gare  (maison Queer en Création)

travaux intérieurs
>>>> Enduit chaux sable
>>>> Torchis terre-paille (argile + foin pourri)
>>>> Peintrure plafond bibliotèque
projet : badigeon chaux
essai : peinture à la pomme de terre
> Peinture plafond biblothèque.

Retour sur les tentatives de blanchir un lambris fin de réfléchir la lumière ce qui n'est pas du luxe pour lire (ahah).

Rappel sur notre philosophie pratique : Notre but n'est pas de faire "propre". Nous conduisons tous nos chantiers dans un esprit de "pauvreté choisie". Nous essayons de retrouver les pratiques anciennes en voie de disparition, non prédatrices, en évitant d'acheter des produits "tout-fait". C’est une de nos manières de ne pas donner quitus au système capitaliste. Nous avons pour habitude de faire « avec ce qu’on a. »

Au départ, nous souhaitions utiliser la chaux, qui est un produit brut, naturel, et qui permet également d'assainir, sans bloquer la respiration des supports, qui s'adapte aux différentes températures. Il y a plusieurs chaux :  La chaux hydraulique que nous avons utilisé pour l'enduit chaux-sable. Dans le cas de la peinture, c'est la chaux aérienne qui convient. La chaux aérienne est de la chaux vive qui est éteinte. Cette chaux a été utilisée depuis la nuit des temps et extraite à partir de pierres calcaires par les gentes eux-mêmes. On en trouve encore des traces dans les murs en « bauge ». Elle est bonne pour fertiliser la terre, protéger les arbres fruitiers et permettait de réaliser des fresques au moyen âge. Cette technique utilisée par les grands maîtres, je l’ai moi-même expérimentée sur les murs d’une cabane en terre. C’est donc un « produit » multifonction très intéressant. Avant d’être un produit économique, elle était une matière première. Encore un monde disparu.


Le badigeon de chaux nous semblait donc la meilleure solution pour réfléchir la lumière.

Pour réaliser ce badigeon, point besoin d’autres choses, malgré tout ce que l’on raconte sur « internouille » que de la chaux et de l’eau.

8h30: direction Gedimat. Le chantier doit commencer dans la matinée. Je demande de la chaux aérienne.Vous voulez de la chaux blanche ? Heu oui, elle est « blanche » c’est pour réaliser un badigeon. Nous vendons du badigeon. Quelle est la composition ? Toujours intéressant de le savoir pour le reproduire. Le type n’en sait rien et ce n’est pas « marqué » sur le paquet. C’est six fois plus cher que le sac de chaux. Je m’apprête à partir avec mon sac de chaux. Un doute me vient. Ne pas oublié le principe de base quand on s’adresse à des marchands ou des professionnels : Toujours vérifier. Je sorts de ma voiture, ouvre le coffre et lis sur le sac « chaux hydraulique ». Je fais le tour, reviens au guichet et explique à la dame, le monsieur vendeur n’est plus là, l’erreur. Pas d’excuses. On n’a pas de chaux aérienne, me dit la dame.

Suis une série de coups de téléphone. Point P, n’en fait plus non plus.

Rupture de stock chez Brico-Marché. Je tente quand même Gamme Vert, on ne sait jamais. Toujours rien. Sur les conseils qui me sont donnés, je m’adresse au magasin « écolo » qui a compris comment faire du fric avec les écolos. J’ai nommé « Eco habitat » à Angoulême. Eux non plus n’en vendent plus.

L’explication est qu’ils sont livrés sur des palettes de 60 sacs, que cela ne se conserve pas bien (ah bon?) et qu’il n’y a plus assez de demande. Ils vendent de la pâte. Nous allons à Angoulême où la dame nous a dit que la chaux était au catalogue chez Leroy Merlin. La chaux aérienne est aussi en rupture de stock. Bref, nous commençons à être découragées et nous mesurons la difficulté qu’il y a à faire « simple » aujourd’hui. Il est vrai qu’on me donnera le nom d’autres petits magasins qui eux, vendent encore de la chaux aérienne en poudre.


Entre temps, on nous déconseille fortement le traitement à la chaux sur du bois au plafond.

Deux raisons à cela : Premièrement la chaux c’est chaud (ahah, on a du la faire celle-là) et si cela tombe sur la peau de mes petites camarades, cela peut les brûler. Deuxièmement, et là c’est une découverte, la chaux, comme tant d’autres peintures fait ressortir le tanin. Le tanin, alors là, on trouve sur internouille une flopée de témoignages de cauchemars. Des taches ressortent et on ne peut rien y faire. Obtenir du blanc  paraît impossible. Pourtant, j’ai en mémoire les arbres fruitiers chaulés mais l’écorce doit probablement empêcher ce phénomène.

http://www.patinesbio.co

Un site, très bien référencé sur la question, donne des conseils forts intéressants sur ce qu’il ne faut pas faire, sur ce qui ne sert à rien pour empêcher le tanin de ressortir. A part des produits synthétiques, oh le vilain mot.

Impossible de savoir ce qu’il faut faire, excepté acheter leur peinture « naturelle » qui, elle, contient un bloqueur de tanin lui aussi « naturel.» Lequel ? Cela aussi on n’en sait rien. Les « produits » bloqueurs de tanin foisonnent, on en trouve aussi chez « Eco Habitat. » qui eux, aussi font de la rétention d’information.

L’une d’entre nous, à bout de patience, au bout de deux jours de quête, attrape un rouleau et commence à peindre le plafond avec une peinture acrylique « premier prix » qui se trouvait là. On comprend son intention que « cela avance ». Le plafond se couvre d’une fine couche blanche qui immédiatement se teinte de jaune. Pas si mal quand même pour le moral finalement. Cela éclairci la pièce et notre horizon.


Suite à toutes ces embûches, nous nous tournons alors vers une autre solution « naturelle » et économique : la peinture à la pomme de terre. En tant que « patatiste » je dois dire que cela me réjouit. Des patates, il y en a toujours dans la maison. Nous consentons à faire des concessions en achetant du blanc de Meudon, qui est une matière première mais aussi du pigment Blanc de Titane, qui maintenant a changé de nom, allez savoir pourquoi, et s’appelle maintenant Blanc Tiona. Question de dépôt de marque probablement.


La recette semble simple :

Réaliser une purée (miam) à l’eau chaude puis mélanger avec les deux autres éléments qui sont préalablement dissous dans de l’eau froide.

Pour info :

Eco habitat (Angoulême)

Blanc de meudon : 4,22 e HT/kg (pour un kilo de pomme de terre, 2 kilos)

Blanc Tiona, : 17,02 e HT/kg (nous en avons pris 300 g)

Je passe sur le prix du kilo de la pomme de terre et sur l’ignorance des vendeurs des grandes enseignes.

Le résultat du mélange final doit ressembler à de la béchamel, dixit une petite dame sur internouille, ce qui nous donne une information très intéressante pour mesurer la réussite de la fabrication.

Il faut le reconnaître, nous avons raté la béchamel. Trop liquide, la patate n’a plus joué son rôle de colle. Nous avons pourtant mis moins d’eau que prévu, mais le fameux « tourné » a tourné. Nous avons quand-même passé notre mixture sur la plafond après un petit coup de ponçage. Pas si mal, mais toujours ce jaune qui ressort, plutôt, par chance, uniformément.

Soyons positives, nous aurons un plafond clair, couleur paille. D’autre part un essai concluant a été effectué sur un des murs recouvert en terre-paille.


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> Torchis terre-paille (argile + foin pourri)


enduit terre foin pourri